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La démocratie des lobbies !

La démocratie des lobbies !

16 décembre 2014 par Laurence.
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« We may find in the long run that tinned food is a deadlier weapon than the machine gun » (George Orwell 1937) Un raisonnement déductif presque oraculaire ! Entre conserves estampillées « agro-business et génie génétique » et la souveraineté alimentaire menacée par les orientations néolibérales du marché mondial, nous sommes proches de la mantique ! Ces rêves étaient-ils déjà hantés d’acronymes incompréhensibles à l’époque... TTIP, CETA, TISA... ?

L’étendue des dégâts

Soyons honnêtes, l’Europe n’a pas attendu les négociations secrètes de ces traités pour produire de la malbouffe en boîtes. Ni pour aller déforester l’hémisphère Sud et y orienter les productions alimentaires traditionnelles pour satisfaire ses besoins en soja bon marché destiné à nourrir le bœuf que l’euro-citoyen trouvera dans son supermarché. L’Euro-zone n’a pas attendu ses voisins transatlantiques pour, insidieusement, diriger ses agriculteurs vers un modèle de production intensif et mercantiliste voyant des « mégafermes » s’imposer et attribuant aux travailleurs de la terre le statut de prolétaires agricoles précaires à domicile.

Meurtrières l’agriculture conventionnelle et la transformation alimentaire industrielle ? Orwell, avais-tu idée ! Meurtrières : elles imposent chimie, antibiotiques, conservateurs, exhausteurs de goûts dans nos assiettes. Meurtrières : elles obligent à l’utilisation d’intrants chimiques polluant les sols et forçant la sécurité sociale à reconnaître de nouvelles maladies professionnelles pour les agriculteurs. Meurtrières : se pliant au lobby des banques, de la PAC et de l’agro-business, elles orchestrent la disparition des paysans et fragilisent notre sécurité ET souveraineté alimentaire. En 30 ans, la Belgique a perdu 63% de ses fermes : 4% annuellement. Des villes, comme Bruxelles ou Paris, n’auraient que trois jours d’autonomie alimentaire. Barjavel aurait-il également eu une vision prophétique en écrivant « Ravage », annonçant le retour de l’agriculture paysanne comme critère de survie de l’humanité !?

Nulle fiction ici ! L’agriculture paysanne, dans ses préceptes, est le modèle agricole qui permettra l’autonomie et la souveraineté alimentaire en garantissant emploi, conditions de travail et salaire juste aux paysans. En protégeant la terre et la biodiversité. En respectant le consommateurs par la production une nourriture de qualité et de proximité. Les mouvements paysans luttent pour ces droits et se mobilisent pour contrer une agriculture à deux vitesses. Les paysans regardent avec colère et tristesse des confrères agriculteurs se débattre dans les marécages des politiques agricoles néolibérales orientées vers la compétitivité et l’exportation, dominées par la volatilité des prix du marché mondial.
Alors, quand l’Europe annonce fièrement ses projets de traité transatlantique pour assurer la puissance Européenne et Etasunienne face aux économies montantes que sont l’Inde et la Chine, la stupeur frappe ! Les gouvernements de la « Grande Europe » seraient-ils touchés d’amnésie ? Auraient-ils oublié que les premières crises agricoles modernes remontent, pour le moins, au 19ième siècle avec l’ouverture des marchés aux céréaliers américains ? Si non amnésiques, serions-nous face à une entité politique supranationale trop immature politiquement pour intérioriser le constat d’échec de siècles de stratégies agricoles néolibérales ? Echecs qui ne seront que renforcés par le TTIP et autres traités de libre-échange. Nous pouvions déjà soupçonner les eurodéputés et commissionnaires de chuchoter dans les couloirs leurs projets de spécialisation de l’agriculture par pays (bah, si la Roumanie est plus compétitive sur le marché mondial pour produire du lait, pourquoi s’embêter à le faire en Belgique..!)… Serions-nous face à un projet plus global encore de déposséder les peuples de leur droit à produire... l’alimentation devenant un outil de pression géopolitique ? A ce rythme, le blocus Russe sur les pommes et les poires belges, c’est de la rigolade !

Que l’Europe imagine casser toutes les barrières tarifaires et douanières au nom du sacrosaint libre-échange, cela éveille déjà de vifs questionnements. Mais que l’idée même d’un accord sur l’ISDS (Règlement des Différends entre Investisseurs et États) lui ait effleuré l’esprit, c’est de l’aberration pure ! Nous savions que les intérêts des multinationales étaient représentés dans les plus hautes sphères politiques. Nous voici face à un outil d’arbitrage privé qui imposerait les lois des investisseurs privés, contournant les tribunaux nationaux et privant les Etats de faire appel. Car seules les entreprises peuvent poursuivre en justice et réclamer des dédommagements. Les gouvernements peuvent juste être attaqués et espérer de ne pas devoir payer. Bien du courage aux gouvernements qui voudront interdire les OGM’s ou garantir la qualité sanitaire des produits sur leur territoire... La notion de justice en prend un sérieux coup !

Heureusement que sur ce point ainsi que sur les critères phytosanitaires et sur les OGM’s l’écart entre pays européens se creuse et ralentit les négociations. ET, que malgré l’opacité des négociations, les citoyens se mobilisent ! En 2014, 1 million de signatures récoltées dans le cadre d’une ICE (initiative citoyenne européenne) qui, selon les règles européennes, auraient du permettre une audition publique au parlement européen. C’était sans compter la décision de la Commission de rejeter cet appel, estimant que les ICE sont prévues pour instaurer des nouvelles lois et non pour discuter de textes législatifs en cours (y aurait-il un peu de parti pris...?). Le mouvement citoyen ne s’est pas démonté pour autant et a présenté, ce 7 octobre, une pétition de 3,2 millions de signatures à la Commission Européenne.
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Les promesses du TTIP
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Pourtant l’Europe s’accroche au TTIP, y voyant la promesse d’une augmentation du PIB européen de 0,5% et du revenu annuel des ménages de 545 euros. Pas de quoi retenir sa respiration d’exaltation ! D’autant que certaines études démontrent que ce saut du PIB n’interviendrait qu’une seule fois et que le TTIP n’aurait que peu d’impact sur la création d’emploi. 20 millions de nouveaux emplois, selon le simulateur dit d’équilibre général calculable, montrant de sérieuses failles et critiqué par de nombreux économistes. D’ailleurs, si l’on se réfère à un autre modèle de simulation, le « Global Policy Model » des Nations Unies, les prévisions sont beaucoup moins optimistes. Selon Jeronim Capaldo, le TTIP amorcerait la perte de 600 000 emplois en Europe (surtout dans le secteur agricole !), réduirait les exportations, diminuerait de 0,3 à 0,5% le PIB selon les pays... Si ces calculs sont également questionnés, il demeure que le TTIP n’apportera pas la révolution sociale, économique et agricole que prétendent ses défenseurs. Au niveau de la production alimentaire, soyons clairs : le libre-échange nous privera de notre droit à la souveraineté alimentaire et entérinera la disparition des agriculteurs. Mais pas des paysans !

Les mouvements paysans n’ont pas attendu les politiques et le TTIP pour mettre en œuvre des alternatives de production répondant bien mieux aux enjeux sociétaux actuels : une agriculture rémunératrice, porteuse d’emplois et non esclavagiste. Capable de nourrir le monde tout en refroidissant la planète. Répondant aux besoins nutritionnels et de santé des consommateurs. Garante d’un patrimoine de savoir-faire paysan et artisan, de la reproduction des semences à la transformation. Une agriculture de droits humains, sociaux et environnementaux ! Paysans, continuez la lutte ! Agriculteurs, consommateurs et pouvoirs publics, vivez la transition paysanne !

Si le TTIP est dangereux, l’Europe est prête à enfanter un autre petit monstre, peut-être bien plus menaçant : le TISA qui viserait à la libéralisation des services ! Citoyens, citoyennes, cassez votre tirelire pour payer l’éducation de vos enfants et vos frais médicaux... La sécurité sociale sera négociée en bourse... Finie l’économie keynésienne de papa !

Ces traitéS toucheront toutes les sphères de la vie sociale, culturelle, politique et économique. Nous sommes face à une transition de la société capitaliste moderne : allons-nous sombrer dans l’ultra-libéralisme ou allons-nous essayer de reprendre notre destinée citoyenne en main et proposer des alternatives ?

C’est en tant que syndicat paysan, mais également que citoyens concernés, que le Mouvement d’Action Paysanne a participé aux actions OXI15 ! Des dizaines d’organisations, de toute l’Europe, ont répondu à l’appel de l’Alter-Summit et collaboré pendant des mois à l’organisation de trois jours d’actions. Ceci en perspective du Conseil Européen et pour dire OXI ! Programme riche en conférences, débats, actions, rassemblements proposé du 15 au 17 octobre. Au-delà, du foisonnement d’activités, c’est l’hétérogénéité des parties impliquées qu’il faut souligner. Des associations aux citoyens, en passant par les mouvements syndicaux. De la protection de l’environnement à la lutte contre la pauvreté. Des quatre points cardinaux de l’Europe. Tous ont réussi à faire converger les intérêts pour porter ensemble le « Oui ! » aux droits sociaux et économiques ; aux droits des paysans ; à l’égalité et à la solidarité ! Des marches et des actions ont été organisées ces dernières semaines dans plusieurs villes européennes en préambule au week-end OX15 à Bruxelles. Le Mouvement d’Action Paysanne a été partie prenante de ces actions et de la coordination européenne. Avec ses partenaires privilégiés que sont la Via Campesina Européenne, la Confédération Paysanne, FIAN, Rencontre des Continents, Corporate Europe Observatory, et d’autres, le MAP a organisé et animé un module « Climat, agriculture et TTIP », avec un atelier-débat sur les questions de « l’agroécologie garante de la souveraineté alimentaire ». Trois heures ! Claude Girod (Confédération paysanne) y a rappelé que l’agriculture paysanne ce n’est pas le repli sur soi ou le nationalisme, mais un droit à produire et à choisir son alimentation ! Stéphanie Delhaye (MAP) y a souligné la fierté d’être paysanne et de contribuer à préserver les droits à la souveraineté alimentaire de ses concitoyens. Nancy Coparicona Quispe (AOPEB- Bolivie) y a réaffirmé que nous ne devons pas attendre les politiques, que les mouvements citoyens et paysans peuvent faire bouger les choses au point d’inscrire une loi dans la législation. Trois heures pour rappeler que l’agriculture paysanne est le seul rempart face aux dérives des politiques agricoles néo-libérales et le génie génétique. Seule alternative pour garantir un modèle de production juste, viable, durable garant de l’autonomie et de la souveraineté alimentaire. Les traitéS de libre-échange menacent, mais la conscience paysanne grandit. Des producteurs aux consommateurs, nous sommes tous paysanNEs !

Si les moments d’échanges et de discussions sont importants, il est également essentiel de reprendre possession de nos espaces publics pour lancer l’alerte et renforcer la mobilisation, comme l’ont fait les citoyens, syndicats et associations concernés les 15 et 17 octobre. Fidèles à la philosophie de la désobéissance civile, les manifestants belges ont accueilli les marcheurs européens, le 15 octobre, pour ensemble encercler le parlement européen, avec des blocages organisés en différents lieux à Bruxelles. Objectif : exposer, de manière non violente, le refus d’être complices de politiques illégitimes et porter les voix pour une société hors TTIP. Bien que pacifiques, les actions du 15 octobre n’ont pas attiré la sympathie ni la compréhension de la police. Quelques peu nerveuses, les forces de « l’ordre » ont opéré une petite centaine d’arrestations. Vicieusement stratégique, la police a géographiquement divisé les groupes d’activistes et resserré l’étau jusqu’au malaise. Isolés et oppressés, beaucoup de manifestants sont ressortis anxieux de cette expérience. L’un deux a été victime d’une crise d’épilepsie sous le regard presque indifférent de la police qui a tardé à réagir malgré les sollicitations des témoins menottés, manquant ainsi à son devoir de protection civile.

Loin de se démonter, les manifestants se sont encore regroupés le 17 octobre en une marche de protestation du Parlement européen à la place des Monnaies. Trajet d’abord refusé par le bourgmestre de Bruxelles, préoccupé par le confort des shoppers du samedi. Il n’en fallait pas moins pour encourager une petite fraction de militants à se rendre rue Neuve afin d’interpeller les bons soldats consommateurs en faisant du bruit dans quelques lieux symboliques de consommation. Action vite écourtée par une opération policière qui malgré la haute fréquentation familiale de la zone n’a pas hésité à charger pour courser les manifestants. Bilan : quelques arrestations supplémentaires.

Si la manifestation en tant que telle n’a pas réuni les 250 000 manifestants comme à Berlin, elle a eu le mérite de rappeler que la mobilisation est là et que nous ne lâcherons rien ! Que la Belgique se joint aux mouvements de protestation qui existent partout en Europe. Que le citoyen n’est pas stupide, qu’il comprend les enjeux des traitéS de libre-échange et qu’il a une conscience politique !

Non au business sur l’agriculture ! Oui à l’agriculture paysanne !

Laurence Lefever



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