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Lettre ouverte au Président de la Commission Européenne

Lettre ouverte au Président de la Commission Européenne

De la part d’un agriculteur originaire du pays de Herve

15 juin 2014 par Laurence.
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Monsieur le Président,
En novembre dernier, je vous ai écrit une lettre ouverte cosignée par 400 personnes, dont 200 agriculteurs, annonçant la crise du lait que nous vivons actuellement.
Celle-ci est vécue douloureusement par de nombreuses familles d’agriculteurs. En effet, avec des prix en baisse chaque mois, couplés à des coûts de production élevés et sans perspective de remontée à court et à moyen terme : des drames se vivent, l’inquiétude se propage et la peur grandit de plus en plus fort.
Par cette seconde lettre, je voudrais vous faire part de ces douleurs qui se vivent, le plus souvent en silence, dans nos familles d’agriculteurs. Par ailleurs, je voudrais faire le relevé des fausses pistes passées et à venir, mais surtout tracer des perspectives indispensables pour l’ensemble des producteurs de lait, à l’échelle locale mais aussi européenne.

Commençons toutefois par un bref regard sur les conséquences actuelles des décisions passées.
Des douleurs :
Oui, ce qui se vit dans les fermes est de la douleur, une douleur incommensurable : une
douleur ontologique . Comme vous le savez : les coûts de production sont supérieurs aux prix de vente, ce qui entraine des retards de paiements de facture, oblige l’agriculteur à faire des choix professionnels et familiaux difficilement gérables, sans parler des retombées morales que ces situations provoquent...

D’une part, ces retards de paiement auprès du vétérinaire, du meunier, du banquier etc... sont si grands, que ces derniers ne livrent plus, n’interviennent plus et en arrivent à demander des acomptes que l’agriculteur n’est plus en mesure d’honorer, faute de rentrées financières et de perspectives d’amélioration.
D’autre part, cette douleur se vit au sein même de la famille. Alors qu’il travaille 12 heures par jour, 7 jours sur 7 et ce, l’année entière, l’agriculteur se voit confronté à des choix familiaux déchirants. Dans un contexte où les budgets sont restreints pour tout, que ce soit pour l’alimentation, les soins médicaux, les études ou encore les loisirs, il est légitime de se demander comment le métier, qu’il a commencé par passion, ne l’amène même plus, aujourd’hui, à pouvoir survivre.

Le pays de Herve se situe aux frontières nord-est de la Belgique et est spécialisé dans la production laitière. Douleur ontologique : Douleur relative à tout l’être, qui dépasse la personne, qui touche à l’héritage de nos aïeux, principalement ici aux valeurs de transmission. Autrement dit, c’est un appel à être, mais que la situation
actuelle rend impossible à atteindre dans sa réalisation, d’où cette douleur profonde.

De manière plus globale, nous assistons à la fin de notre agriculture régionale et nous ne voulons plus le faire en silence. De plus en plus d’agriculteurs abandonnent la production ou sont obligés d’avoir un revenu supplémentaire dans un autre secteur, alors que la ferme exige un temps plein. Aujourd’hui, par la perte de ses agriculteurs, de ses entreprises locales, c’est toute une Région qui perd son âme, son identité et son tissu sociétal.
En effet, ces dernières années, nous assistons à la troisième crise vécue par les producteurs de lait : 2009, 2012 et nous voilà en 2015 à nouveau plongés dans une crise de surproduction dont nous ne percevons aucune issue.
Nous ne sommes pas dupes, ces crises ne sont pas des accidents.

Quelques repères historiques :
Dans les années 1980, l’Europe laitière était en excédent, avec des montagnes de beurre et des stocks importants de poudre de lait. Cette situation était le résultat des progrès techniques améliorant les rendements, mais aussi de la politique agricole du marché commun de l’époque, garantissant un prix quel que soit le volume produit et achetant à l’intervention les excédents, pour les exporter ensuite avec des subventions. L’instauration des quotas laitiers en 1984 s’est efforcée de répondre à cette situation structurelle d’excédents.
La mise en place des quotas a été globalement bénéfique pour l’ensemble du secteur, en stoppant l’augmentation de la production et donc du coût budgétaire pour l’UE. Cependant elle s’est faite en laissant deux failles importantes. La première est que le quota européen a été fixé à 10% au-dessus de la consommation européenne, ce qui laissait le marché européen dépendant des exportations et faisait pression sur le prix payé aux producteurs. La deuxième faille est que l’UE a laissé les Etats membres décider de quotas marchands .Cela a mis un frein à l’installation des jeunes et à ceux qui voulaient s’agrandir. De plus, aucun frein n’a été mis en place au processus d’industrialisation des exploitations que ce système a engendré, les rendant de plus en plus grandes et difficiles à transmettre et accélérant ainsi l’exode rural.
La prise en compte des matières premières agricoles, au sein des négociations internationales du GATT en 1986-1994, a amorcé un virage fatal pour tous les agriculteurs du monde. En abaissant progressivement les prix agricoles européens au niveau des prix mondiaux, souvent en-dessous des coûts de production européens, l’accord GATT/OMC de 1994 a condamné les agriculteurs européens à vendre, le plus souvent à perte, avec une volatilité croissante des prix, incompatible avec des investissements à moyen terme des éleveurs.
L’Union Européenne, en décidant avec les USA des principes et des orientations des nouvelles règles du commerce international ratifiées dans cet accord, change fondamentalement de politique. Elle passe d’un marché agricole européen protégé à un marché dérégulé. Peu à peu à partir de la réforme de 1992, l’UE va être l’élève très appliqué de ces nouvelles règles inscrites à l’OMC, qui a défait les droits de douane et démantelé progressivement tous les outils de régulation. C’est ainsi qu’en 2003, lors de la révision dite « à mi-parcours », la fin des quotas laitiers pour 2015 a été annoncée.

Seule la France a opté pour des quotas non marchands.

Dès cette annonce, la volonté politique n’a jamais cessé de tendre vers la dérégulation des marchés, en augmentant progressivement les volumes à produire, en ne prenant pas en compte les dimensions humaine, économique et climatique du travail de production et les aléas de conjonctures.
Comme je vous l’ai annoncé dans ma lettre de novembre 2014, cette nouvelle crise était prévisible car, déjà en automne dernier, tous les indicateurs viraient au rouge. En effet, la collecte de lait des premiers semestres de 2014 avait progressé de 5% pour l’ensemble de l’Union Européenne.
En Nouvelle-Zélande, la collecte a augmenté, elle, de 10%. Parallèlement, aux USA, autre acteur sur le marché mondial du lait, la collecte de lait a aussi progressé de 2%, avec le nouveau dispositif de garantie de marge (Farm Bill) qui garantit un prix quel que soit le volume produit. Tout cela nous amènera, à coup sûr, des surplus sur le marché mondial pour les nombreux mois à venir.
Nous constatons nous-mêmes que la voie des exportations vers des pays extra-européens a ses limites.
Le prix du lait fixé par le marché mondial sera d’office volatile et, comme nous ne produisons pas au moins cher, notre prix sera toujours tiré vers le bas. Les rares embellies ne seront donc que passagères. Parallèlement, il faut savoir qu’une crise sanitaire peut stopper net toute exportation (épidémie de fièvre aphteuse, etc...). Voilà pourquoi il est important de souligner la vulnérabilité de l’orientation du tout au marché« mondial », alors que la formation du prix dont bénéficie les producteurs de lait est faite à partir de 8 et 10 % de lait exporté sur le marché mondial, alors que 90 à 92 % de la production est auto consommée.

Autre évidence non prise en compte  :
Le lait et les biens alimentaires ne peuvent se comparer à d’autres biens. Ils sont du vivant, proviennent d’un territoire donné et appartiennent à un patrimoine. La production d’une ferme s’inscrit dans la durée. Prétendre qu’un producteur de lait doit écouter les seuls signaux d’un marché très volatile pour gérer sa ferme ne tient pas la route. Un producteur a besoin d’une vue sur le long terme, pour commencer le métier et investir de manière adéquate.
Plus fondamentalement, lancer tous les producteurs à se préparer à la conquête des marchés internationaux ne nous semble pas être un bon choix. En effet, placer tous les agriculteurs sur la même ligne de départ ne semble pas juste, car tous les paysans du monde ne connaissent pas et ne vivent pas les mêmes réalités (contexte socio-économique, climatique, etc...).
Nier les différents prix de revient de production de lait, c’est vouloir une uniformisation des prix vers le bas. Nous, producteurs européens, ne serons pas en mesure d’être concurrentiels vis-à-vis notamment de la Nouvelle-Zélande. Dans un tel système, même les grandes unités de production n’y parviendront pas, à moins d’être sous la tutelle des banques ou d’exploiter une main d’œuvre bon marché. C’est un choix que nous refusons, la dignité d’un agriculteur est tout autre chose. Pour illustrer mon propos, je rappelle que l’on ne met pas sur un même ring de boxe un poids plume et un poids lourd.

Fausses pistes passées et actuelles :
Ci-après, je reprends quelques-unes des pistes déjà proposées par l’Union Européenne et censées apporter des solutions sur le long terme. Toutes ces pistes nous mèneront cependant dans une impasse.
Suite à la crise du lait de 2009, la Commission Européenne a choisi, non pas de réactiver ou d’améliorer les quotas, mais de mettre en place la contractualisation qui permet de constituer des groupements de producteurs, afin d’établir un rapport de force face aux groupes laitiers. Or ces mesures se révèlent être une illusion, car elles ne disposent pas de leviers, ni sur les volumes ni sur les prix.
Par ailleurs, l’Union Européenne a prévu, en cas de forte baisse de prix, un filet de sécurité. A partir de 0,21 € par litre, l’UE active un mécanisme permettant de stocker de la poudre de lait et du beurre, pour les remettre sur le marché quand la conjoncture est plus favorable. Ce prix est fixé si bas que cela en est indécent, quand on sait que le prix de revient dépasse les 0,40 €.
La hausse du prix à l’intervention, réclamée par bon nombre de syndicats, ne semble pas prendre en compte les causes véritables de la crise. Ce qui se passe n’est nullement bénin et conjoncturel, il s’agit d’une crise structurelle. Celle-ci est inhérente aux options successives mises en place par l’Union Européenne. De plus, les budgets alloués seront minces, car les caisses des Etats Européens sont « vides ». En réalité, nous revivons ce qui s’est passé dans les années 1980, à la veille de la mise en place des quotas laitiers. Cette crise laitière est une crise de surproduction, qu’il faut prendre en compte comme telle. La hausse du prix à l’intervention mettra à mal le budget européen et n’apportera pas de solution sur le long terme.
Des mesures utiles, comme le report de crédit (= une « année blanche »), le report de paiement de cotisation sociale et bien d’autres, sont les bienvenues, mais seront des « rustines », car il faudra bien in fine que l’agriculteur paie. L’avance des paiements de droits uniques (DPU) et les 500 millions promis récemment par l’Union Européenne, vont soulager les trésoreries, mais n’apporteront pas de solution sur le long terme.
Il en va de même pour les accords interprofessionnels entre les organisations agricoles, les représentants de l’industrie laitière et ceux de la grande distribution, qui permettent pendant 6 mois une intervention de 2,7 € par cent au litre et qui visent à soulager les producteurs. En fait, l’ensemble de ces mesures ne combleront pas les déficits et ne compenseront pas la baisse des cours mondiaux annoncés pour les mois à venir. Une fois de plus, il s’agit bien de solutions qui ne sont pas durables.
L’observatoire des prix européens, créé récemment par la Commission Européenne, est un outil essentiel pour la récolte et la diffusion de données sur l’offre, la demande, les prix, les volumes, les types de produits transformés.

C’est en effet sur cette base que les transformateurs laitiers reçoivent des données objectives. Cela leur permet d’organiser les négociations de contrats, mais pour le producteur ce n’est pas un levier de prix.
Par ailleurs, l’exportation à bas prix de lait en poudre ou de beurre, vers l’Afrique et d’autres pays du Sud, ne saurait qu’aggraver leur situation de dépendance. Cette mesure est une aubaine pour les industriels européens et une catastrophe pour les éleveurs du Sud. A titre d’exemple, arrive au Burkina Faso de la poudre de lait à un coût de 350 CFA le litre alors que le prix du lait burkinabé est à 500 CFA. De quoi tuer leur production locale.
Avec ce type de mesures, croyez bien que nous serons toujours en crise demain, en proie au même désarroi.
Enfin, pour qu’elles soient cohérentes, ces mesures doivent prendre en compte un certain nombre de réalités : les évolutions du contexte international, les désirs des consommateurs ainsi que certaines externalités négatives.
Tout d’abord, le contexte international change. En effet, les frontières de la Russie sont fermées, le contexte de « guerre froide » est une réalité. La Chine, sur laquelle tous les économistes et politiques comptait pour dynamiser l’économie mondiale, ralentit et importe peu de lait. Quant aux USA, une nouvelle politique agricole s’est mise en place et garantit un prix au producteur sans qu’il s’inquiète des volumes produits. Enfin, l’appauvrissement des Etats de l’UE provoque des replis et une quasi désarticulation des principes fondateurs de l’Europe.
Par ailleurs, les consommateurs et les citoyens ont droit à une nourriture saine et des aliments goûteux et tant qu’ils voient des vaches dans les prairies, ils nourriront l’espoir de pouvoir l’obtenir. Alors que la qualité nutritionnelle de la nourriture n’a jamais été autant remise en question, le désir de terroir et de qualité locale se traduit par l’éclosion de multiples initiatives citoyennes.
Enfin, certains défis et externalités négatives ne sont pas assez pris en compte, tels que le réchauffement climatique, le contexte socio-économique ou encore la qualité des sols ainsi que la biodiversité en perte d’équilibre etc...

Perspectives :
Selon nous, le problème laitier ne pourra trouver une solution qu’à l’échelle européenne, d’où la nécessité de revenir aux principes fondamentaux de l’Europe qui sont notamment :
- Un marché unique dans une Europe de 500 millions d’habitants.
- La préférence communautaire.
- La solidarité.
Nous devons mobiliser les agriculteurs, mais aussi le citoyen, à vouloir davantage d’Europe solidaire, respectueuse d’elle-même et de la vérité humaine, en mettant en place une politique laitière par et pour le citoyen.

Nous pensons que la seule issue consiste en une régulation des marchés et la maitrise du processus d’industrialisation des fermes, par l’encouragement des fermes à taille humaine, partout sur tous les territoires de l’UE. Cela permettrait ainsi aux producteurs de gagner décemment leur vie et d’avoir une visibilité sur le long terme. De plus, cela offrirait une possibilité aux jeunes de s’installer et de créer, par ce type de modèle, de nombreux emplois. Cela rendrait aussi plus accessible la transmission des fermes. Enfin, cela garantirait une nourriture de qualité, ce que demandent de plus en plus de citoyens.
Les propositions émises par les organisations agricoles, tel le programme de responsabilité des marchés (PRM), la proposition de flexibilité de production de quantité par chaque producteur, voire le rétablissement des quotas améliorés et non monnayables, sont des bases pour une politique du lait mieux régulée et plus juste.
Cependant, un cadre régulé est indispensable sur le long terme. Pour l’atteindre, il nous faut une vision de l’agriculture européenne. A cet égard, si nous voulons préserver des fermes à taille humaine et partout sur tous les territoires, il est impératif de mener une politique de structure des fermes avec :
1. Un volume à produire défini par chacun des bassins laitiers.
2. Une référence par ferme.

Voici quelques lignes de force qu’il y aurait lieu de considérer :
1. Une reprise en main par les pouvoirs publics :
Les pouvoirs publics, en l’occurrence l’UE, doivent reprendre la main et se donner les moyens pour agir sur les prix, sur les quantités et sur le modèle de ferme de demain.
2. Non au discours de la production sans limite :
Les discours de certains professionnels ou institutionnels, poussant les éleveurs à produire sans limite, à s’agrandir, à s’endetter pour faire dépendre tous les producteurs d’hypothétiques marchés vulnérables et incertains, doivent être abandonnés et proscrits.
3. Une visibilité  :
Les éleveurs ont besoin d’une visibilité et d’une vue sur le long terme. La volatilité des prix n’est pas une fatalité. Nous devons avoir un cadre permettant une rentabilité décente pour le producteur. Bien sûr, le foncier doit aussi être régulé, de même que les emprunts inconsidérés pour du matériel agricole. Une saine gestion doit être de rigueur.
4. Un prix décent :
Le producteur au bas de la chaine doit bénéficier d’un prix décent. Un juste équilibre de la répartition des plus-values doit être rétabli par rapport aux transformateurs et à la grande distribution.
5. Des produits de qualité à haute valeur ajoutée :
Recentrons la politique laitière européenne sur l’approvisionnement du marché européen avec une offre régulée, donnant priorité à la fabrication de produits à haute valeur ajoutée, comme des fromages et des produits frais de qualité, qui valorisent notre territoire et nos prairies.
6. La manière de produire :
L’UE doit décider de la manière de produire de demain : il faut des fermes à taille humaine où les vaches pâturent et non des fermes-usine. D’où la nécessité de mettre un frein au processus d’industrialisation.
7. La transmission des fermes  :
Plus on encourage des fermes de grande dimension plus elles seront difficiles à transmettre.
8. De l’agronomie aussi ! :
Le bon sens agronomique et les urgences climatiques veulent que l’on développe les prairies. En effet, d’une part ces dernières stockent dans leur sol une grande quantité de carbone et d’autre part, elles permettent également de prévenir l’érosion et favorisent la biodiversité, ainsi qu’une production excellente en quantité et qualité.
9. La souveraineté alimentaire  :
L’UE, élève modèle de l’OMC, est devenue la 1ère importatrice et exportatrice alimentaire mondiale, engagée dans une dépendance de plus en plus grande des marchés extérieurs. Cela fragilise beaucoup notre agriculture et met à mal notre souveraineté alimentaire. A titre d’exemple, 70% des protéines végétales consommées en Europe sont importées des Amériques, alors que l’UE est capable d’en produire elle-même. La priorité au commerce local/régional doit remplacer la priorité actuelle
au commerce international.
10. Une production sur tous les territoires de l’Union Européenne :
Tous les herbages doivent être valorisés. De plus, le lait est un produit alimentaire de base. Toute consommation au lait cru est à promouvoir, car c’est là qu’il a toute sa valeur. Pour cela, l’UE doit mener une politique afin de permettre à tous les savoir- faire régionaux de fleurir ou refleurir, avec des produits à haute valeur nutritive et goûteux et ainsi devenir pourvoyeurs d’emplois. A ce niveau, l’Inde pourrait nous inspirer.
11. Une modification nécessaire des accords de l’OMC et des APE :
Le cadre de l’OMC et des accords de partenariat économique avec les pays de l’Afrique de l’Ouest, entre autres, mettant à mal les agricultures locales par nos exportations et par nos règles, provoquent des flux migratoires qui, sans modification, ne feront que s’accroître.
Après avoir exposé les douleurs qui se vivent actuellement dans les fermes et les pistes sans lendemain proposées par l’Union Européenne, la prise en compte de certaines perspectives semble être indispensable pour la survie des fermes laitières européennes.

D’une part, seule une régulation des volumes permettra un équilibre entre l’offre et la demande. D’autre part, l’Union Européenne doit privilégier un modèle de ferme à dimension humaine sur tous ses territoires. Le recentrage sur l’Europe est une condition indispensable pour une politique laitière humaine.
Nous avons absolument besoin d’une vision et d’une stratégie européenne à long terme qui permettent, dans la ligne des pères fondateurs de l’Europe, de maintenir sur le sol européen une agriculture et des agriculteurs vivant une situation digne, rémunérée correctement et assurant à tous une alimentation de qualité.
Par quels moyens faire entendre le cri de désespoir des agriculteurs à ceux qui sont habilités à prendre les décisions si, par les moyens démocratiques, le message ne vous parvient pas et n’est pas entendu ?
H. LECLOUX



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