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Rapport : Les Femmes* dans le Mouvement Paysan

vendredi 25 novembre 2016, par Eurovia

Au cours du deuxième Forum Nyéléni européen, tenu à Cluj-Napoca, Roumanie, environ 70 femmes*(1) venues de différentes secteurs – productrices, travailleuses agricoles, militantes etc.- se sont rassemblées afin de s’assurer un espace dans la lutte pour la souveraineté alimentaire.

De nombreuses voix se sont tout d’abord élevées dans le cadre d’une carte participative créée par les corps des participantes, qui exprimaient leurs perspectives sur la situation actuelle des femmes* en général et au sein du mouvement paysan. Les perceptions étaient différentes, mais revenaient souvent à des luttes similaires :

Le problème du manque de visibilité des femmes* et de leurs luttes dans les zones rurales a souvent été mentionné. Quoi qu’exprimée de diverses façons, la dichotomie entre le fait d’être active, de travailler et de lutter et en même temps d’essayer de prendre soin d’autres personnes, de l’environnement, des champs, s’est avérée être un autre aspect important de la lutte. Dans le cadre de la violation des droits fondamentaux, surtout dans les zones rurales, la violence et les abus contre les femmes* au quotidien ainsi qu’une violence croissante dans les régions en guerre ont également été des sujets incontournables dès qu’il s’est agi des droits des femmes.

Durant la deuxième partie du rassemblement, le débat a concerné la question des problèmes les plus criants du point de vue du genre lorsqu’il est question de souveraineté alimentaire. Après s’être divisées en petits groupes, quelques conclusions ont été partagées en plénière. Le peu de visibilité et de reconnaissance dont bénéficient les femmes* et leur lutte a encore une fois été mentionné. Par exemple, le fait que les femmes travaillant dans le domaine agricole sont aussi en même temps les principales responsables des tâches de soin et de reproduction, ce qui démontre le besoin de discuter des relations de productions et de la façon de partager ces tâches. Une déclaration critique a également fait état d’un recul quant à la question des rôles de genre stéréotypés. En tenant compte de ce développement régressif, certaines participantes ont réclamé davantage d’espaces vers lesquels se tourner et ont posé la question de ce qui était souhaitable pour l’avenir.

Un autre groupe a soulevé la question du manque de visibilité des femmes* en général, dans la mesure où la violence genrée est rarement reconnue dans les pays européens.

En plus de mettre en avant les droits politiques et la visibilité des femmes*, une autre revendication importante a concerné un changement dans la mentalité dominante de la société, indispensable pour travailler contre la violence faite aux femmes*. Même là où les actes de violence à l’encontre des femmes* sont interdits par la loi, une diminution de ces crimes ne s’observe en effet pas forcément.

Un autre aspect critiqué était le fait que les femmes* ou les perspectives de genres étaient difficilement incluses dans la plupart des discussions, présentations ou workshops pendant le forum. Cela a motivé certaines d’entre nous à préparer une mística pour l’avant-dernier jour. Un groupe plus petit de femmes* s’est rassemblé pour préparer une mística, en s’appuyant sur les revendications des mouvements féministes qui veulent mettre un terme à la violence à l’encontre des femmes* (voir les images en bas).

Même si la lutte des femmes* au sein du mouvement pour la souveraineté alimentaire diffère au niveau régional, le rassemblement a montré qu’il y a un fort besoin d’échanger sur les luttes au niveau local, régional et international ; de s’unir ; de trouver des alliés et de communiquer sur la nécessité de remédier à la situation marginalisée des femmes* dans le mouvement paysan et en général. Nous souhaitons créer cet espace pour les femmes* ainsi qu’un mouvement plus respectueux – les femmes* ne peuvent pas être délaissées. Nous voulons que les problèmes des femmes* soient plus visibles, y compris au sein du mouvement pour la souveraineté alimentaire. Cela veut également dire que nous devons inclure les femmes* et les perspectives de genres dans nos analyses.


(1) Nous utilisons la terminologie femmes* et hommes* pour nous référer à personnes que nous considérons comme ce que nous comprenons être des femmes/hommes, ce qui découle de notre socialisation et inclut les personnes qui s’identifient en temps que femme.

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Voir en ligne : http://www.eurovia.org/fr/rapport-l...