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Accueil > REVUE DE PRESSE > Visite de la station d’épuration de Lives-sur-Meuse

Visite de la station d’épuration de Lives-sur-Meuse

Visite de la station d’épuration de Lives-sur-Meuse

9 septembre 2016 par Roger Bourgeois.
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<http://www.amisdelaterre.be/local/c...>

L’intercommunale INASEP a inauguré cette grande station d’épuration (STEP) à Lives-sur-Meuse, près de Namur, en 2011. Elle est très discrète et bien intégrée dans le paysage. Elle reçoit toutes les eaux de Namur centre et de la périphérie, sauf une partie de Malonne qui est dirigée vers Floreffe et sauf Wépion qui a sa propre station avec Profondeville. Le bassin de la Gelbressée est indépendant grâce à la petite station qui se trouve après le terrain de foot, rue N-D du Vivier. Les eaux épurées sont rejetées dans le ruisseau. Nous étions une sizaine le 25 mai pour suivre les explications de notre guide, Mr Lemaire, retraité qui assure les visites scolaires et autres.

La STEP de Lives est dimensionnée pour 93.000 Équivalent-Habitant (EH) [1] qui consomment en moyenne 180 litres par jour/EH. 25 km de collecteurs récupèrent les eaux d’égouts et 54 stations de pompage refoulent les eaux vers Lives. Certaines sont équipées de Vortex pour réguler le débit. Beaucoup d’eaux parasites [2] sont aussi récupérées dans les collecteurs.

Débit max du collecteur à Lives : 3.220 m3/h

Capacité de traitement biologique : 1.800 m3/h

Le trop-plein de 1.400 m3/h est envoyé dans un bassin d’orage souterrain de 3.000 m3. Lorsqu’il est plein, les eaux partent directement en Meuse.

<http://www.amisdelaterre.be/local/c...>

Les eaux à épurer contiennent essentiellement du carbone, du phosphore et de l’azote. A l’arrivée, les eaux subissent un 1er filtrage pour retenir les gros déchets qui ne sont pas valorisés. Un 2e filtrage permet de récupérer les sables et les huiles. Les sables sont repris par des entreprises et les huiles sont valorisées dans les chaudières.

Les eaux sont ensuite dirigées vers les bassins à réacteurs biologiques. L’épuration consiste en un processus physico-chimique naturel qui s’effectue ici en 2 lignes parallèles sur une durée de 8 à 10h. Le fonctionnement est aérobie (en présence d’oxygène). Ces réacteurs proviennent des bactéries de nos intestins. A leur sortie, des clarificateurs et décanteurs récupèrent les boues qui seront utilisées comme engrais biologiques. Ces boues sont comprimées pour retirer un maximum d’eau, puis raclées dans des containers.

Quand les eaux contiennent trop de phosphates ou de nitrates, elles subissent des traitements spécifiques complémentaires à l’adénosine triphosphate (ATP) en passant par des zones anaérobie, puis aérobie afin de capter les phosphates. Le carbone est transformé en CO2. Dans une 3e zone anoxique (peu d’oxygène), certaines bactéries survivent et vont digérer les nitrates. Il reste seulement de l’azote (79% de notre air ambiant).

Nous n’avons détecté aucune odeur désagréable, sauf dans le hall d’arrivée des eaux et à côté, où l’on réceptionne les effluents de nos fosses sanitaires qui seront injectés dans les eaux en fonction des besoins en réacteurs. Les taux en teneur médicamenteuse des eaux ne sont pas contrôlés. Le traitement peut se faire par charbon actif ou par l’ozone qui est plus puissant que le chlore. Mais la production d’ozone nécessite beaucoup d’énergie.

Nous n’avons pas reçu les chiffres de consommation d’énergie de la STEP, mais vu le nombre de pompes qui fonctionnent 24h sur 24, les besoins semblent importants. Une petite compensation est assurée par une vis sans fin entraînée par les eaux qui retournent vers la Meuse. (45 kWh/j)

<http://www.amisdelaterre.be/local/c...>

Réflexions après la visite : Le coût de l’épuration des eaux usées n’est pas négligeable, c’est 40% de notre facture d’eau. Une seule ville en Belgique sépare les eaux brunes des eaux grises, plus gros investissement pour la collecte, mais un traitement d’épuration moins lourd. Quelle est cette ville ? Une ville nouvelle : LLN Les systèmes de lagunage présentent bien des avantages, notamment pas d’énergie, peu d’entretien et recréent des zones humides. Ils nécessitent seulement plus d’espace, donc plus appropriés en zone rurale. Les serviettes hygiéniques et les lingettes doivent rejoindre nos poubelles et pas nos w-c, elles ne sont pas biodégradables par la STEP ! Environ 1/3 de l’eau potable que nous utilisons passe dans les toilettes. Pourquoi ne pas penser à installer une toilette sèche ou TLB (Toilettes à Litière Biomaîtrisée) et faire ainsi des économies d’eau ? Et nos excréments iront améliorer notre compost au fond du jardin. Récemment la SWDE vient d’inaugurer une unité de dénitrification à Ans qui traite 35.000 m3/jour d’eaux récoltées provenant essentiellement de la Hesbaye (L’Avenir, 9/09/2016). Coût de l’usine : 30 millions €, encore une externalité du monde agricole mise sur le dos de la collectivité. Parce que le problème, c’est l’agriculture intensive et les quantités d’engrais utilisés. Pourtant le sol de la Hesbaye est fertile, alors pourquoi a-t-il fallu mettre tant d’engrais ? Les nitrates de ces engrais descendent d’un mètre par an dans le sol ; avec le temps, ils finissent par atteindre les nappes aquifères. Chez l’homme, lorsqu’ils se transforment en nitrites par oxydation, ils bloquent l’hémoglobine et le transport de l’oxygène dans le sang (maladie du sang bleu). Le problème touche surtout les petits enfants. On préférera donc leur donner de l’eau en bouteille qui pour certaines contiennent aussi pas mal de nitrates ! Le traitement des nitrates reste très coûteux comme nous venons de le voir, généralement on préfère diluer les eaux trop chargées avec des eaux moins polluées. Mais déjà un autre problème nous attend, les pesticides et d’autres polluants émergents, tels que les résidus médicamenteux et endocriniens, vont encore faire grimper les coûts de dépollution de nos eaux.

A plus de 5€/m3 en Wallonie et 4€/m3 à Bruxelles, en hausse chaque année bien plus que l’inflation, notre eau potable doit-elle encore être utilisée pour des usages qui ne requiert pas une bonne potabilité ?

[1] Unité de mesure permettant d’évaluer la capacité d’une station d’épuration. Cette unité de mesure se base sur la quantité de pollution émise par personne et par jour. La directive européenne du 21 mai 1991 définit l’équivalent-habitant comme la charge organique biodégradable ayant une demande biochimique d’oxygène en cinq jours (DBO5) de 60 grammes d’oxygène par jour.

[2] L’eau parasite désigne l’ensemble des eaux propres de temps sec qui surchargent inutilement un réseau nuisant au bon fonctionnement d’une station d’épuration : eaux d’infiltration, de drainage, de sources, etc.



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